Le PCF soumet 10 Propositions aux Français et à Matignon

En plein mouvement des gilets jaunes, les communistes ont présenté 10 mesures pour « une vie digne ».

Le PCF a présenté samedi « 10 propositions pour la France », à l’occasion de l’acte XVIII des gilets jaunes. D’abord lors d’un meeting place Chassaigne-Goyon, à Paris (8e), puis directement auprès du premier ministre Édouard Philippe, à Matignon. « Nous avons entendu les revendications des gilets jaunes, que nous portons depuis des années dans la plupart des cas. Nous ferons tout pour les rendre incontournables dans le pays », explique le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel. Nos 10 propositions grand débat propositions

C’est d’ailleurs un gilet jaune, Eva Ageorges, qui s’est exprimé en premier à la tribune. « Savez-vous ce que veut dire avoir peur du lendemain ? » lance-t-elle au gouvernement, avant de pousser un cri du cœur pour que ses enfants puissent « faire des études, manger à leur faim, être soignés », et un jour avoir un « salaire digne ».

Le PCF veut justement augmenter le Smic et les salaires en accompagnant les TPE et les PME. C’est la mesure numéro un, de pair avec l’égalité professionnelle femmes-hommes et des retraites à 1 400 euros au minimum. « Les retraités n’en peuvent plus d’être méprisés par Macron et sa majorité Medef. Ils sont de plus en plus nombreux à aller aux Restos du cœur, à ne plus se chauffer et à renoncer aux soins », dénonce Colette Chastagnol au micro. Le PCF appelle à indexer les retraites sur le salaire moyen, à organiser un plan de lutte contre la pauvreté et un plan d’urgence pour les services publics.

Les soins seraient remboursés à 100 %, alors même que la ministre de la Santé Agnès Buzyn « fait fermer des établissements hospitaliers dans tout le pays ! » s’indigne Marianne Journiac. La syndicaliste à l’AP-HP dénonce le plan d’austérité de 1,2 milliard d’euros en cours dont les « conséquences sont catastrophiques » pour les usagers et les personnels soignants, entre « déserts médicaux, déshumanisation et burn-out ».

Soudain, la manifestation des gilets jaunes débouche place Chassaigne-Goyon. Plusieurs lèvent le poing et applaudissent les communistes, qui se mettent à chanter Tous ensemble, puis l’Internationale. À la tribune, le député André Chassaigne salue « ce mouvement inédit » qu’il faut écouter, quand l’exécutif préfère les « réponses autoritaires et judiciaires », les « intimidations et les LBD », s’alarme l’avocate Annie Levi-Cyferman.

Le PCF, qui appelle à mettre fin à la monarchie présidentielle par la voix de la sénatrice Éliane Assassi (RIC et proportionnelle intégrale sont promus), tacle une Marine Le Pen qui « ne sait pas ce qu’est la France des oubliés », selon la maire d’Aubervilliers Meriem Derkaoui.

Enfin, la lycéenne Lola Reboul, qui a manifesté la veille pour le climat et la planète, saccagée « pour les profits immédiats de quelques-uns », affirme qu’il « n’y aura pas de révolution écologique sans révolution sociale ».

Reçu à Matignon pour qu’une grande banque privée soit nationalisée au service de l’emploi, de l’industrie et de la transition écologique, le PCF n’a pas été entendu.

Idem pour la suppression du Cice et de la TVA sur les produits de première nécessité, la réforme de l’impôt sur le revenu et le retour de l’ISF. La sortie du pacte budgétaire européen n’a pas non plus été considérée. Seule la rénovation énergétique d’un million de logements aurait trouvé grâce aux yeux d’Édouard Philippe.