Comment faire ?

Notre gauche, sortie de l’autoroute des votes, semble bloquée dans un trou dont elle ne pourra sortir que par un effort particulièrement fort et en utilisant ses méninges. identité et union

J’entends d’un côté mon camarade Ian Brossat exprimant sa conviction d’un retour à la concorde avec la FI. De l’autre j’en entend qui disent « jamais », invoquant à raison les croche pieds et la malhonnêteté intellectuelle de ses dirigeants.

Et puis il y a ceux qui se disent qu’il faut il faut y aller très prudemment en ne s’oubliant jamais et en sachant que la gauche ne s’arrête pas à une organisation à la mode à un moment de l’histoire politique du pays.

Les nouvelles générations de communistes se posent la même question que ceux qui ont fait l’expérience du programme commun il y a presque 40 ans déjà dans un contexte totalement différent certes.

Ayant eu la chance de connaître ces deux contextes, je me dis que la première chose à faire, c’est de comparer les programmes politiques, les méthodes pour convaincre et la façon de travailler (ou non) avec les autres forces de gauche, sans privilégier les uns ou les autres.

Ce à quoi j’assiste plutôt, c’est à une bataille de noms d’oiseaux à partir des postures des dirigeants de la FI dans les médias, qui collectionnent toutes les raisons de ne pas travailler avec eux par leur prétention, leur démagogie et leur martyrologe à deux balles.

Faire de la politique, c’est plutôt poser la question de ce qui peut rapprocher les uns et les autres. Le contexte mortifère des institutions de la Ve République impose un postulat d’union où la loi du plus fort (électoralement) est toujours « la meilleure », ce qui n’existe pas de cette façon dans les pays où on pratique la proportionnelle. En l’attendant, il faut donc jouer malin.

Plutôt que de s’énerver à chaque fois qu’on écoute le folklore médiatique et ses retombées débilitantes, il faut continuer à redonner de la noblesse au débat politique.

Comment ? En travaillant le lien populaire tout en développant un travail d’éducation à la politique à partir de ce que vivent les gens et non à partir de plans préétablis imperméables à la compréhension du plus grand nombre. C’est une manière de rehausser le niveau des débats de société, où que chacun soit engagé, et cela ne concerne pas que les communistes.

Facile à dire, mais si on ne le fait pas, on sera tous à tourner en rond autour de nos certitudes avec nos copines et copains qui nous réchauffent… et les gens continueront à se désintéresser du débat politique en suivant les sondages où le choix entre Macron et Le Pen est montré comme le seul qui compte, comme on choisit une marque de café ou une autre.