Le jour d’après est commencé …

… Ou de la de la crise sanitaire à la crise économique ? Je ne suis pas économiste donc je prend tous les avis et les critiques (constructives). par Laurent Brun Secrétaire de la fédération cheminots CGT xxx

Après la pandémie, certains préparent déjà le terrain pour nous faire accepter les « sacrifices » sur nos emplois, nos droits sociaux, nos rémunérations. La logique de « guerre » renvoient d’ailleurs aux efforts de reconstruction.

Donc déjà, un peu de recul : on ne compare pas 5 ans de guerre après lesquels 80% de l’appareil productif est détruit, à 2 mois de baisse de l’activité, même quand cette baisse est importante.

2 mois de perte d’activité, c’est à dire 15%, qui touche de manière inégale les différents segments de l’économie (on nous annonce une récession de 8%) ça se surmonte. Si on ne devait affronter que la pandémie, un bon plan de relance suffirait à faire repartir la machine, d’autant que certaines dépenses ont été simplement reportées.

Seulement voilà… le système capitaliste était déjà en crise.

La capitalisation boursière s’était déjà totalement déconnecté du PIB (voir infographie). Autrement dit, la valeur des actions des entreprises étaient déjà très largement sur évaluées par rapport à leur capacité à produire des richesses. C’est ce qu’on appelle une bulle. Et les bulles financières, quand ça éclate, ça fait mal !

Les plus gros requins capitalistes l’avaient bien compris, c’est pour cela qu’ils acceptaient de placer leur argent sur des obligations d’Etat à long terme et à taux négatif. Il n’y avait que Bruno Lemaire et Jean-Pierre Pernault pour s’en réjouir. Quand les riches acceptent de perdre de l’argent, c’est qu’ils pensent que les autres solutions (investissements à court terme sur des éléments plus spéculatifs que les obligations) leur en feraient perdre plus… Donc ils anticipaient l’éclatement de la bulle.

Or justement, avec un très fort ralentissement de la production pendant 2 mois, le décalage est encore plus grand entre les profits attendus et la réalité, les illusions s’effondrent et tout le monde essaye de sauver ses billes en vendant ses actions… krach boursier (c’est arrivé au début du confinement).

Si on laisse les choses se dérouler, la courbe de la capitalisation des entreprises rejoint brutalement celle des richesses réellement crées, donc les actions perdent une part importante de leur valeur, les banques et les fonds de pensions font faillite. Jusque là, on pourrait presque s’en réjouir. Le capital privé est aveugle, inconscient, et irrationnel donc bon débarras.

Seulement voilà, les États, en bon relais de la bourgeoisie capitaliste, sont intervenus en autorisant de nouveaux prêts d’argent gratuit par les banques centrales.

C’est d’ailleurs leur première action avant même la réflexion sur la production de masques ou les lits de réanimation… Donc le système boursier est sauvé.

Normal. Quand l’argent est gratuit, on s’en fout un peu de savoir si l’investissement est sérieux … les cours de bourse remontent. Champagne !

Le problème c’est que si la capitalisation des entreprises ne rejoint pas leurs espoirs de taux de profits, il va falloir que ce soit le taux de profit qui progresse pour redonner un peu de cohérence à la capitalisation boursière.

Les grands groupes vont encaisser les aides et le soutien public, et ils vont restructurer leurs branches – comme ils l’ont fait en 2008 – en faisant pression sur leurs fournisseurs (encore plus dépendants après 2 ou 3 mois d’arrêt), quitte à tuer des entreprises et à délocaliser.

Et tout ce beau monde va s’entendre sur un point : faire pression sur les salariés pour que la part des salaires diminue afin d’augmenter le taux de profit, les PMI-PME ne se comportant que comme des exécuteurs de basses œuvres au nom des multinationales (même si les patrons de ces boites n’en ont pas forcément conscience… ils chanteront tous le besoin de faire des efforts pour ne pas sacrifier l’emploi sur le mode « on est tous dans le même bateau »… ce qui revient exactement à être le porte serviette du CAC 40…).

La dépense publique et la protection sociale, qui ne sont que de l’activité socialisée financée par l’impôt et la cotisation sociale, donc l’équivalent du salaire, vont être encore plus durement attaquées. Et on aura droit à tous les poncifs libéraux « on ne peut pas dépenser l’argent qu’on a pas » (sauf quand c’est pour faire des cadeaux genre transformation de l’ISF ou CICE), le « poids des charges qui écrasent les entreprises »…

Sauf qu’à la base, le problème c’est qu’on a laissé des banquiers et des spéculateurs fixer la valeur des richesses produites par notre travail, qu’ils ont fait n’importe quoi pour se gaver, et que aujourd’hui ne ce sont pas eux qui sont appelés à payer la facture. Tous ceux qui se sont enrichis avec les bulles spéculatives devraient se voir confisquer leur patrimoine mal acquis au même titre que les dictateurs.

Donc dans la séquence qui s’ouvre, notre classe sociale va devoir se battre avec acharnement pour ne pas être appauvrie.

La socialisation des dividendes au titre de la solidarité nationale, proposé par la CGT, est une très bonne mesure. La bataille pour l’industrie et les services publics, lancée il y a 3 ans, va être particulièrement stratégique. Et la réflexion pour un autre système économiques, d’autres modes de régulation, est vraiment d’actualité.

Sources : l’Humanite, rapport Progexa … par Laurent Brun Secrétaire de la fédération cheminots CGT

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