Paroles de toubib

Paroles de Toubib du Mardi 12 Mai 2020 : Déconfinement à l’Hôpital !

Christophe Prudhomme, médecin au Samu 93.
Amertume,

Alors que le déconfinement est vécu comme une libération par la population, il n’en va pas de même à l’hôpital. La mobilisation a été fatigante mais la solidarité a permis de tenir. Tout le monde s’accorde sur le fait que l’ambiance de travail pendant ces quelques semaines a été bien meilleure que ce que nous avons connu ces dernières années. Les renforts venus d’autres régions, les petites attentions du boulanger qui nous livrait tous les matins des viennoiseries, l’amélioration des repas… Tout cela nous apportait un peu de soleil chaque jour.

Puis, depuis quelques jours, nous revenons aux repas de l’hôpital dont tout le monde connaît la qualité, nous nous retrouvons de nouveau avec des plannings en sous-effectifs… En bref nous revenons à la vie d’avant, ce qui psychologiquement est très dur à supporter. La suite ici hôpital déconfinement

Espérons !

Le nombre de malades hospitalisés en réanimation diminue, mais le nombre de lits ouverts aussi. D’où des tensions insupportables pour les patients et les soignants. Dimanche, dans mon hôpital, il n’y avait plus aucun lit disponible.

Nous sommes revenus à la situation antérieure, avec des patients qui restent sur les brancards en attente de lits. C’est insupportable ! Et ce d’autant que le ministre de la Santé annonce que nous allons progressivement revenir aux 5 000 lits de réanimation disponibles sur l’ensemble du territoire. La suite ici

Texte de Marc, médecin généraliste dans le 77

« Au moment de sortir du confinement, les équipes de soignants, si elles retiennent beaucoup de stress, mesurent aussi les « miracles » accomplis et les largesses financières inédites dont elles ont pu bénéficier. C’est donc avec appréhension qu’elles voient aujourd’hui cette parenthèse se refermer, les mesures du « plan massif d’investissement et de revalorisation » en faveur de l’hôpital promis par Emmanuel Macron le 25 mars à Mulhouse n’étant toujours pas connues ».


« Dans certains hôpitaux,
la crise est survenue dans une situation tendue en termes de personnels. Faute de candidats, il manquait, par exemple, près de 900 infirmiers début mars dans les 39 établissements de l’AP-HP, entraînant la fermeture de plusieurs centaines de lits ».

« D’habitude, on ne nous parle que de tarification d’activité, de rentabilité, de fermetures de lits, d’augmentation de l’activité et de réduction du personnel. Là, d’un seul coup il n’était plus question de tout ça, mais de l’intérêt des malades ». « S’ils se sont sentis à nouveau écoutés, les médecins ont également eu le sentiment de reprendre l’organisation des services en main avec les paramédicaux, et ne plus se voir imposer des schémas directeurs d’organisation ».

« Le temps n’est plus aux tergiversations. […] Notre système a pu résister à cette vague en laissant l’hôpital à genoux. Il ne résistera pas à des vagues successives ». La priorité est donc de stopper le démantèlement du système de santé. »

Communiqué de la Coordination Nationale des comités de défense des hôpitaux et maternité de proximité : ASSEZ !
Assez de belles paroles sur l’hôpital, assez de sanglots longs sur les hospitaliers, Mesdames et Messieurs qui nous gouvernez, un peu de dignité, lorsqu’on fait des choix, il faut les assumer.
La population a applaudi les soignants à juste titre : les personnels ont montré la remarquable capacité d’adaptation de l’hôpital et cela n’a été possible que parce que c’est un service public. La suite ici

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