Des moyens pour la santé et notre Hôpital public : il y a urgence !

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93. Son billet du 9 septembre 2020 dans le journal l’Humanité christophe-prudhomme

Le virus circule toujours et le nombre d’hospitalisations qui était très faible, notamment en réanimation, augmente légèrement nationalement et de manière un peu plus marquée dans les Bouches-du-Rhône.

Mais pourquoi cette inquiétude de la part du gouvernement ? La réponse est facile à trouver. Après la crise, nous sommes revenus à notre nombre très réduit de lits de réanimation, soit 5 500 nationalement. Ce qui représente un chiffre rapporté à la population très inférieur à ce qui existe dans d’autres pays, qui, face à un nombre similaire de patients, n’ont pas connu la crise que nous avons subie avec la nécessité de stopper quasiment toute activité hospitalière pour ouvrir en catastrophe des lits de réanimation.

Le ministre de la Santé, après le pic de l’épidémie, s’était félicité du fait que « l’hôpital avait tenu » et que le concept de « lits saisonniers » était la bonne solution. Eh bien, Monsieur le ministre, la vie vous donne tort. Il était prévisible que, sans parler de « deuxième vague », le nombre de malades atteints du Covid-19 nécessitant une hospitalisation allait augmenter, du fait du retour à une vie économique et sociale proche de la normale.

Sans vaccin, avec uniquement les masques et une capacité à tester insuffisante et désorganisée, il était évident qu’il fallait mettre nos hôpitaux en situation de pouvoir augmenter leurs capacités en cas de besoin. Or rien n’a été fait : aucune ouverture de lits, pas de recrutement de personnel et un Ségur de la santé qui a largement déçu les professionnels.

Alors, oui, il manque des lits de réanimation. Il y a urgence à former et à embaucher du personnel pour augmenter de manière conséquente nos capacités hospitalières. La politique du flux tendu, de l’ambulatoire et de la diminution des durées moyennes de séjour montre ici ses limites.

Un hôpital doit toujours disposer de capacités en réserve pour justement être prêt à gérer les situations de tension qui surviennent maintenant régulièrement chaque hiver, car il y a la grippe et, chaque été, car il fait chaud ! La logique productiviste doit cesser.

Retrouvez ses précédents billets et l’ensemble de ses chroniques ici

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