SÉCURITÉ, POLICE, JUSTICE UN DÉBAT CITOYEN

police Visio-conférence du vendredi 26 mars 2021 organisée par les sections PCF de Vaulx-en-Velin et Vénissieux, la fédération du Rhône du PCF : Dossier avec la vidéo des intervenants ainsi que de nombreux articles liés Le dossier c’est ici …

Témoignage : Le maire de Villejuif (Val-de-Marne) Pierre Garzon à BFMTV « … j’invite Gérald Darmanin à visiter notre commissariat pour voir dans quelles conditions travaillent nos policiers. C’est une honte !

… je mise sur l’humain  » Son interview ici …

Prévention, dissuasion, répression Nous voulons réhabiliter la police de proximité
La proposition de loi …

Fabien Roussel : « … améliorer la vie dans les quartiers, dans les villes, les villages çà passe aussi par plus d’école, plus d’éducateur, plus de soutien à la vie associative, plus de culture, voilà c’est tout çà : le vivre ensemble çà doit marcher sur toute ses jambes, quand il en manque une çà boite, quand la république recule la violence avance … » Intervention sur la sécurité à sa conférence de presse du 9 mai 2021 …

Dans une tribune adressée à l’Humanité du 19 mai 2021, Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français et candidat à la présidentielle, estime que la gauche « doit prendre à bras-le-corps les questions d’insécurité qui gangrènent l’existence de tant de villes et quartiers populaires »

« J’ai défendu l’idée que la gauche devait prendre à bras-le-corps les questions d’insécurité qui gangrènent l’existence de tant de villes et quartiers populaires. C’est la raison pour laquelle j’ai participé, avec d’autres parlementaires et élus du PCF au rassemblement des syndicats de policiers, le 19 mai, devant l’Assemblée nationale. Oui, il y a des fonctionnaires de police qui espèrent voir la gauche à leurs côtés. Nous ne laisserons jamais les questions de sécurité aux mains d’incendiaires qui ne cessent de nourrir une très dangereuse instrumentalisation avec des surenchères liberticides.

Je propose une réponse progressiste et républicaine offrant à la fois la sécurité et l’égalité, la tranquillité pour toutes et tous, et de nouveaux progrès sociaux. « Oui, il y a des fonctionnaires de police qui espèrent voir la gauche à leurs côtés ».

Partout dans le pays, les élus locaux des quartiers et des villes populaires savent combien les problèmes d’insécurité, de délinquance, de trafic sont un véritable poison. La sécurité est un droit fondamental qui doit être garanti à tous nos concitoyens, quel que soit leur lieu d’habitation. C’est un service public qui ne peut pas être vendu à des sociétés privées comme le prévoit la loi « sécurité globale » du gouvernement.

Nous proposons la création d’une véritable police nationale de proximité, avec le recrutement de 30 000 agents, formés, bien encadrés, correctement rémunérés. Nous contestons la politique du chiffre imposée par ce gouvernement comme les choix faits en matière de maintien de l’ordre. Le procès sur le prétendu laxisme de la réponse judiciaire sert aujourd’hui de prétexte pour ne plus parler de l’indigence des moyens accordés à notre Justice.

Ce gouvernement, comme les précédents, a provoqué de véritables déserts judiciaires ! Je garde en mémoire ces rassemblements des robes noires, avec tous ces avocats qui dénonçaient la fusion des tribunaux et la réforme Belloubet. Nous sommes les baudets de l’Union européenne avec 11 juges pour 100 000 habitants soit deux fois moins que la moyenne européenne ( rapport publié par la commission européenne en octobre 2020 ) !

Quant au code pénal, il n’a cessé d’être durci au cours dernières années : il ne saurait satisfaire un désir de vengeance, il doit sanctionner justement les délits et les crimes tout en visant à la réinsertion du maximum de condamnés.

Cette démarche, pour permettre à la Police et à la Justice d’exercer pleinement leurs missions au service des principes de la République et de l’État de droit, ne saurait être dissociée d’une réponse forte et claire en matière d’éducation, de justice sociale, d’insertion sociale et professionnelle, d’égalité réelle.

Des territoires de notre République ne sont pas « perdus ». Ils ont été délaissés et même abandonnés du fait des politiques d’austérité menées au fil des derniers quinquennats et aggravées par l’actuel pouvoir alors que les populations qui y vivent ont justement besoin de plus de politiques publiques pour affronter les conséquences du chômage, des bas salaires et de la précarité.

Ce qui tient encore est le résultat d’une combativité intacte et d’un courage exceptionnel d’élus locaux, de bénévoles associatifs, d’agents des services publics, de familles, de citoyennes et citoyens qui sont la richesse de notre pays. Ils sont les experts de leur territoire. Ils savent comment faire. A chacune de mes rencontres, ils me disent combien des solutions sont à portée de main.

A chaque fois, il est question de service public, de leur indispensable retour et de leur développement, de réponse au plus près des populations, en prenant à bras le corps l’ensemble des problématiques de vie. Un exemple : on parle en ce moment des enjeux démographiques. Eh bien, nous avons besoin de crèches publiques, d’une grande politique publique de la petite enfance.

Il n’y a pas d’un côté, les questions de sécurité et de l’autre, les revendications sociales car, on le sait bien, à ce jeu-là, c’est insécurité générale qui progresse et l’horizon qui s’obscurcit avec de lourdes menaces pour notre vie démocratique.

La République doit, par conséquent, sécuriser toutes les dimensions et tous les âges de la vie. C’est ainsi que nous relèverons le défi des jours heureux.

———————

Autre contribution repris de Laurent Brun Sur la question de la sécurité, la gauche doit elle intervenir ? Certains mélangent la stratégie du gouvernement de restriction des libertés publique avec la stratégie de sécurité publique.

Personnellement je ne mélange pas l’utilisation faite par le gouvernement des CRS, des BRAV et autres pendant les manifs, leur stratégie de conflit et de provocations, leur objectif de réduction par la force du mouvement social, avec la question des moyens de sécurité publique face aux crimes divers (agression, trafics, vols…).

Parmi les criminels, il y a beaucoup de gens brisés par le système économique, mais il y a aussi de vrais capitalistes, qui savent ce qu’ils font et qui l’assument.

Dans ma ville de banlieue lyonnaise, les caïds du trafic de drogue ont décidé de privatiser certains quartiers pour que leur business se fasse tranquillement. Ils emploient des nervis pour casser la tête aux livreurs, aux médecin ou aux pompiers qui viennent dans le quartier, ils font cramer les bagnoles des voisins…

Ça s’est amplifié depuis un mois parce qu’ils sentent venir le déconfinement et qu’ils avaient été tranquilles pendant le confinement donc ils veulent conserver cette « tranquillité ».

Or en face, il y a très peu de moyens policiers, notamment la nuit (un seul équipage de 3 agents pour une ville de 60000 habitants!).

Donc oui il faut de la prévention, du social, de la traque du blanchiment d’argent pour faire tomber les barons, etc… Les communistes ont des propositions là dessus. Oui les chouff ou les petits vendeurs n’ont pas d’autre perspectives sociales et donc avec une vraie politique juste ils rentreraient dans une activité légale (40% de chômage dans les quartiers concernés).

Mais les caïds dont je parle sont les « cadres intermédiaires » du business. Ceux la ils défendent leur activité et leur « poste ». Il y a un an, ils ont ordonné l’exécution en plein centre ville et en plein jour d’un vendeur (probablement un concurrent qui tentait de s’installer). Ça c’est du factuel, du vécu, pas de l’imaginaire romantique.

Je n’ai pas la naïveté de penser que ces personnes là rentreront dans le rang juste avec de la pédagogie. S’ils travaillaient en entreprise, ce seraient cette sorte de DRH qui est près à pousser un salarié au suicide pour atteindre ses objectifs. Donc oui, pour ces cas là, qui sont minoritaires mais qui sont au cœur de la structuration de l’organisation mafieuse (ils ne sont pas à sa tête mais ils la font tenir et ils en retire un statut social très privilégié) il faut un appareil répressif.

Ça n’est pas une carte blanche à la police dont il faut par ailleurs extirper les éléments racistes ou factieux. Mais la question des moyens (Roussel propose 30 000 postes de policiers supplémentaires) et de l’Arsenal législatif est posée.

Ce n’est pas une question d’extrême droite, notamment parce que cette dernière ne pose que la répression, sans la question sociale ou la lutte contre les circuits de blanchiment (ce que fait Roussel).

Il faut rappeler d’ailleurs que le RN s’est abstenu, ou a rejeté, la majorité des textes luttant contre la fraude fiscale, le blanchiment et l’optimisation des multinationales.( NDLR : … alors que dans les paradis fiscaux se retrouvent mêlés l’argent sale de tous les trafics )

Donc le PCF, comme l’ensemble de la gauche, ne doit pas laisser cette question au RN. La gauche est légitime à proposer des solutions sur ce sujet.

Parmi ces solutions il y a beaucoup de mesures sociales, beaucoup de mesures sur le contrôle des circuits financiers et aussi des moyens pour la police (et la justice).

Quand Roussel propose que les circonstances aggravantes soient étendues des policiers à l’ensemble des salariés ayant une autorité (pompiers, profs…) il veut justement montrer que le policier n’est pas le seul qui doit être défendu parce que la police n’est pas la seule réponse. Aujourd’hui la circonstance aggravante est systématique dans le cas d’un policier mais doit faire l’objet d’une analyse pour les autres professions des services publics.

Donc nous avons besoin de débattre de ces sujets pour ne pas tomber dans les pièges de la droite et l’extrême droite (la « sécurisation » sociale doit rester notre priorité, elle doit mobiliser l’essentiel de notre énergie) mais il n’est pas question de nous interdire de traiter le sujet, qui est un sujet de société.

Et à l’occasion de la mort d’un agent de police, qui est inacceptable au même titre que la mort de tout salarié au travail, il est légitime d’aborder ces questions, il est légitime de rendre hommage et d’apporter son soutien à la famille.

Que des éléments politiques ou syndicaux d’extrême droite tentent de s’emparer du sujet n’est pas une raison pour l’éluder. Il faut au contraire mener la bataille politique pour extirper cette question de l’instrumentalisation par les tachistes (on se rappelle d’ailleurs qu’un jeune cadre du FN a été condamné pour avoir incendié des voitures afin de mieux dénoncer l’insécurité).

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s